Les Orgues de Notre-Dame - Vivre à Vimoutiers

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Les Orgues de Notre-Dame

Histoire

Ce document vous présente les Orgues de l'église Notre-Dame de Vimoutiers. Il a été réalisé par ( L'Association pour la Sauvegarde de l'Orgue de l'Eglise Notre-Dame de Vimoutiers ). J Benoist 2008


Les Orgues de l'Eglise Notre-Dame

de Vimoutiers.


L'Eglise Notre-Dame de Vimoutiers abrite un orgue de grande qualité et de grande valeur.
Beaucoup de personnes qui ont eu la chance d'écouter des concerts sur cet instrument sont en admiration devant ses qualités musicales.


Plusieurs personnes en parlent mais ne connaissent pas son histoire.

Nous vous proposons de découvrir la vie de cet instrument exceptionnel.

En reprenant divers articles parus dans les bulletins des " Carillons de Vimoutiers " à son sujet, nous avons souhaité porter à la connaissance de ceux qui s'intéressent à la grande musique, son histoire.

Eglise Notre-Dame de Vimoutiers
Eglise Notre-Dame de Vimoutiers :
La Chaire et le Grand Orgue
Eglise Notre-Dame de Vimoutiers (61)
Eglise Notre-Dame de Vimoutiers (61)
L'Orgue du Choeur
L'Orgue du Choeur
Le Grand Orgue '' CAVAILLE-COLL ''
Le Grand Orgue '' CAVAILLE-COLL ''.
Histoire et description d'un orgue

" C'est le christianisme qui a inventé l'orgue ", a dit Chateaubriand ; cette parole, loin d'être une exagération politique est bien l'expression d'une vérité historique, car seul, le génie religieux a pu faire de l'orgue le merveilleux instrument que nous connaissons. Ce qu'il y a de plus particulièrement admirable, c'est que l'orgue, en dehors des attributions liturgiques qui l'associent aux cérémonies les plus saintes et les plus imposantes du culte, se trouve encore, dans le domaine de la musique proprement dite, investi d'une véritable suprématie, d'une incontestable royauté, par son influence constante sur l'harmonie d'abord dont il fut le créateur, et sur les différentes formes de styles auxquelles il donna le jour, présidant ainsi au progrès et à la transformation de l'art musical lui-même.

L'orgue, en même temps que multiple et varié, est tout ensemble voix et orchestre.

Instrument monumental, il représente ce qu'il y a d'immuable dans les chants liturgiques, étant la voix du temple, il est l'intermédiaire entre celui-ci et la cité, le lien entre le plain-chant dont il adoucit les formes austères et la musique qu'il sait contenir dans une solennelle gravité.                           

Que l'orgue remonte à la plus haute antiquité, et que son origine soit humble, ignorée, c'est ce que personne ne saurait mettre en doute !.....

Il est maintenant démontré que son origine est beaucoup plus ancienne, et qu'elle a pour point de départ au moins la flûte de Pan, composée de plusieurs tuyaux ou chalumeaux réunis ensemble par de la cire, sur un même registre, et que l'on faisait parler en promenant les lèvres de l'un à l'autre pour y insuffler le vent.
Plus tard, on imagina de placer cette flûte ou SYRINX sur un petit coffre, auquel on adapta des soufflets destinés à remplacer la bouche humaine. L'innovation de Clésitius fut probablement le moyen d'attirer et de refouler l'air par l'impulsion de l'eau, ce qui contribua à rendre les sons de l'orgue, plus forts et plus soutenus.

A quelle époque fit-il son entrée dans l'Eglise ? Car, ne l'oublions pas, sa première destination fut entièrement profane ; on l'employait dans les cirques et les théâtres pour animer les athlètes ou régler le jeu des pantomimes par la " beauté et la puissance de ses sons ".

Le premier fait relatif à son usage culturel semble bien devoir être l'envoi du Roi Pépin le Bref par l'empereur d'Orient Constantin Copronyme, en 757, d'un orgue destiné à l'église Sainte-Corneille, à Compiègne.

En 826, Louis le Débonnaire commandait un instrument de ce genre à un prêtre vénitien : Georges, pour l'église d'Aix-la-Chapelle.

En 872, le pape Jean VIII écrivait à son tour à un évêque de Bavière pour le prier d'envoyer en Italie un orgue et... un organiste !!! Ces instruments étaient loin d'avoir la perfection et la docilité de nos orgues modernes, puisqu'il fallait frapper les touches à coups de poing ou de marteau pour faire parler les tuyaux.

C'est ainsi que l'orgue construit en 951 pour un couvent de Winchester comptait 400 tuyaux, 40 touches et 26 soufflets. Or, pour le faire jouer , il fallait 2 organistes et pas moins de 70 hommes robustes occupés à faire fonctionner les soufflets.

Avec l'instrument en question, nous sommes loin de la perfection mécanique de nos orgues modernes, si nous songeons que celui de Saint-Sulpice, à Paris, par exemple, comprenant plus de 6.000 tuyaux, actionnés par 5 claviers manuels , de chacun 56 touches, et un clavier de pédales de 30 notes, n'offre pas plus de résistance au toucher d'un seul organiste que le plus docile des pianos, et que 5 souffleurs suffisent pour fournir les 30 mètres cubes d'air comprimé nécessaires à l'alimentation de ses vastes poumons ..

C'est à partir du Xe siècle que datent les premiers perfectionnements véritables apportés à la facture d'orgue: l'introduction des jeux complets, la transformation complète des claviers à mains et l'invention de celui à pédales.                            

Toutefois, ce progrès demeura presque stationnaire jusqu'au XIV" siècle. Mais, à cette époque, les améliorations apportées dans la facture furent telles, qu'elles donnèrent le jour à une industrie très florissante qui se répandit vite dans toute l'Europe , en particulier en Allemagne, en Italie et en France.

C'est ainsi qu'en Allemagne, on compta plus de 200 facteurs, dont les Silbermann, Herbst, qui construisit un orgue à 3 claviers et Müller, à qui l'on doit l'orgue très renommé de Haarlem.

La facture française se signalait surtout par la beauté des jeux d'anches et de cornet. A la fin du siècle dernier, elle atteignait, même un tel degré de perfection avec le célèbre Cliquot, qu'il semblait difficile d'aller plus loin. Parmi les chefs-d'œuvre de ce facteur il convient de signaler surtout le grand orgue de Saint-Sulpice (reconstruit depuis par Cavaillé-Coll) achevé en 1784, et celui de la cathédrale de Poitiers, terminé en 1791) .
Ces instruments remarquables souvent par la puissance et la belle sonorité de certains jeux, laissaient à désirer au point de vue du mécanisme.

La tourmente révolutionnaire passée, Dallezy, Sommer et Callinet reprirent les traditions de Cliquot sans ajouter pourtant à l'orgue de nouveaux perfectionnements.

En somme, pour arriver à l'instrument moderne, admirable tant par la richesse de ses timbres et sa puissance que par sa perfection mécanique, il faut attendre l'illustre Cavaillé-Coll, dont le génie rénovateur et créateur devait, aux découvertes de ses devanciers, en ajouter de nouvelles et si importantes qu'il allait opérer dans l'orgue une véritable transformation.

C'est donc à Cavaillé-Coll que nous devons les plus importants perfectionnements qui rendent nos instruments modernes si remarquables par leur richesse et la souplesse du mécanisme .
Ce serait une grosse erreur que de s'imaginer que la partie la plus importante d'un grand orgue se trouve être constituée par son buffet ou la juxtaposition de deux buffets ordinairement ciselés avec beaucoup d'art et par les grands tuyaux de façade. Il n'en est rien. Le buffet n'est en effet que la partie décorative de l'orgue, il pourrait ne pas exister, sans que l'instrument perde de sa voix, quant aux tuyaux de montre ou de façade, ils sont loin d'être les plus puissants quand ils parlent, encore que dans une foule de cas ils soient complètement muets, et placés là seulement pour rehausser la partie architecturale de l'orgue.
Aristide Cavaillé-Coll
Aristide Cavaillé-Coll, Facteur d'Orgues


Le plus important de l'orgue n'est donc pas ce que l'œil aperçoit de la nef de l'église, mais bien ce que renferme l'intérieur du buffet et la console des claviers.    
    
L'orgue étant essentiellement un instrument pneumatique c'est-à-dire à vent et le plus parfait de tous, il en résulte qu'il doit se composer de trois parties essentielles :

  • la partie où se condense et se distribue l'air comprimé : soufflerie, réservoirs, sommiers,

  • la partie mécanique, destinée à soumettre à la volonté de l'organiste la libre distribution du vent pour faire parler les multiples tuyaux dont l'ensemble compose la troisième partie ou partie sonore.

 
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