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Description d'un Orgue

Histoire

Ce document vous présente les Orgues de l'église Notre-Dame de Vimoutiers. Il a été réalisé par ( L'Association pour la Sauvegarde de l'Orgue de l'Eglise Notre-Dame de Vimoutiers ). J Benoist 2008


Les Orgues de l'Eglise Notre-Dame
de Vimoutiers.


LA SOUFFLERIE
Le vent est aspiré par une ou plusieurs paires de grosses pompes placées ordinairement derrière l'orgue ou même en dehors de la tribune et que fait fonctionner le souffleur au moyen de pédales reliées à un balancier fixe. Au-dessus de ces pompes se trouve le grand réservoir dont la table supérieure, surmontée de plaques de fontes d'un poids considérable pour établir la pression, s'élève parallèlement grâce à des parallélogrammes articulés dont l'invention est due à Cummins, facteur anglais. Une soupape de décharge empêche la pompe et le réservoir de fatiguer dans le cas où la consommation de l'air comprimé est inférieure à sa production. Le vent emmagasiné à une pression de 10 à 11 centimètres ou davantage dans le réservoir général, est envoyé dans l'intérieur de l'orgue par un grand canal en fonte ou en bois appelé porte-vent qui vient prendre naissance au-dessous de la table intérieure et immobile du réservoir initial.
Le Grand Orgue

L'invention des grands réservoirs avec pompes et à développement angulaire, a marqué le point de départ d'un très grand progrès au point de vue de l'égalité du son dans les orgues.
 
Au lieu que les anciennes souffleries ne donnaient , que par saccades un vent d'une pression fort variable, les souffleries modernes ont l'immense avantage de fournir toujours à l'instrument un vent très régulier et d'une pression constante de nature à empêcher les altérations ou houppements que pourraient produire les mouvements vigoureux d'un souffleur trop robuste ou distrait. Il n'en est pas moins vrai que malgré tout, le meilleur moyen d'avoir une égalité parfaite, est d'obtenir une production de vent toujours proportionnée à la consommation; On ne peut absolument atteindre ce résultat qu'au moyen d'une soufflerie mécanique qui se règle automatiquement et présente en outre l'avantage appréciable de supprimer le travail humain dans une fonction vraiment trop servile,  fatigante, monotone et dénuée de tout intérêt artistique.

 Aussi beaucoup de grands orgues sont-ils déjà pourvus de souffleries actionnées soit par des moteurs à gaz, à air chaud, ou de préférence par une dynamo électrique qu'actionne un ventilateur directement dans le grand porte vent et dont un appareil spécial règle la marche suivant la pression établie dans le réservoir principal.
  
Le moteur électrique est de beaucoup le plus pratique pour les orgues, d'abord à cause de cette grande facilité de réglage parce que son installation est relativement peu coûteuse, sa dépense presque nulle et aussi, pour l'instantanéité de sa mise en marche ou en arrêt dépendant de l'organiste qui, sans quitter ses claviers, peut établir ou intercepter le courant au moyen d'une manette placée sous sa main.   
   
L'égalité de pression générale ne suffît pas encore  pour obtenir une égalité d'émission de son dans les différentes parties de l'orgue. C'est qu'il est en effet des jeux ,qui, pour parler nettement et rapidement, exigent une pression plus considérable que certains autres, de même que la pression doit être plus forte pour les gros tuyaux de basse que pour les petits tuyaux des dessus.

Ces différentes pressions secondaires s'obtiennent dans le système de Cavaillé-Coll, au moyen de petits réservoirs superposés communiquant avec les réservoirs principaux par des espèces de canaux appelés GOSIERS, en bois et en peau de mouton à plis renversés et qui s'allongent ou se replient suivant la pression des réservoirs auxquels ils aboutissent.
 
L'air comprimé passe de ces réservoirs par d'autres gosiers pour atteindre enfin l'intérieur du sommier et attendre là que l'organiste lui insinue l'ordre de se distribuer aux tuyaux qu'il entend faire parler.

Le Sommier, du mot latin : summa, parce qu'il est comme le résumé, la somme de toutes les parties de l'instrument l'organe transformateur de l'air comprimé, d'où ce dernier s'échappe par des soupapes multiples pour raisonner dans les tuyaux, le sommier est une sorte de coffre ou de caisse en bois d'une profondeur de 18 à 25 centimètres et dont la table supérieure est percée d'autant de trous qu'il y a de tuyaux, puisqu'ils s'y dressent tous plantés comme une forêt sonore.
   
Il serait bien difficile de donner une description complète du sommier dont l'intérieur est aussi compliqué que tout l'organe vocal du corps humain. D'ailleurs il faut bien avouer qu'il en est de même de toutes les parties d'un orgue et que pour en connaître à fond son mécanisme, il est absolument nécessaire de l'étudier sur place.

LA MECANIQUE

La mécanique de l'orgue est une partie extrêmement complexe et délicate à cause de son rôle même qui est de transmettre la volonté de l'organiste aux soupapes des gravures avec le plus de rapidité et de souplesse possible.
 
Elle a son point de départ aux claviers qui ne sont autre chose que des rangées de leviers appelés touches recouvertes de lames d'ivoire, aux extrémités ou se doit exercer la pression du doigt et dont le bout opposé doit, en se soulevant, mettre en mouvement tout l'appareil de transmission.
 
Un clavier est donc composé d'une rangée de touches blanches et noires et comprend ordinairement 56 notes de l'ut grave au sol de la 5e octave.


Tout grand orgue comprend au moins deux claviers manuels se partageant les différents jeux de l'orgue.
Cette distribution permet beaucoup de ressources en autorisant l'emploi simultané de deux ou plusieurs timbres absolument indépendants que l'on peut faire dialoguer ensemble. L'idéal, c'est la distribution sur trois claviers parce qu'elle facilite de multiples combinaisons. Dans ce cas, les claviers prennent les noms suivants : Grand Orgue ou grand clavier, sur lequel sont distribués les jeux les plus gros de l'orgue après ceux de la pédale ; le Positif ou clavier intermédiaire pour les jeux d'accompagnement et le Récit expressif qui fait parler les jeux de solo ou de détail, tous enfermés dans une boîte expressive dont on ouvre ou ferme les panneaux à l'aide d'une pédale dite d'expression.
Les instruments très importants comme ceux de Saint-Sulpice et de Notre-Dame de Paris comportent jusqu'à cinq claviers manuels: Grand Orgue, Bombardes, Positif, Récit, Echo. En plus des claviers manuels, l'organiste a sous ses pieds un clavier de pédales de 30 notes ordinairement, qui actionne les jeux les plus graves et sans l'usage duquel l'harmonie de l'orgue manque toujours d'ampleur et de fondement.


L'appareil mécanique qui va de la claviature aux soupapes et prend le nom d 'ABREGE se compose essentiellement de vergettes, lamelles de sapin terminées par des fils écroués, destinées à opérer le mouvement de tirage ; de pilotes, baguettes de sapin plus résistantes pour le repoussement ; d'équerres et de rouleaux destinés à renvoyer les mouvements obliques ou perpendiculaires , enfin de bascules : sortes de leviers prenant toute la mécanique d'un même clavier, actionnés à volonté par une pédale dite de combinaison et qui  servent à l'accouplement des claviers les uns sur les autres à l'octave directe ou à l'octave grave, ou bien à l'accouplement des claviers manuels sur le clavier de pédales ; dans ce dernier cas, les bascules en question prennent le nom de tirasses.


Toutefois, l'appareil le plus ingénieux de la mécanique d'un grand orgue est assurément la machine pneumatique dite machine de Barker du nom de son inventeur, un facteur anglais. Elle se compose essentiellement d'une série de petits SOUFFLETS-MOTEURS commandés chacun par deux soupapes dont l'une permet l'introduction de l'air comprimé, tandis que l'autre sert à la décharge. Il y a autant de moteurs que de touches au clavier ; chaque touche au lieu de commander directement l'ouverture des soupapes dans les sommiers et de tirer tout l'ABREGE, ce qui offre ordinairement une grande résistance sous les doigts, ouvre seulement  la soupape d'introduction du petit soufflet.
Aussitôt le vent s'emmagasine soulevant la paroi mobile du moteur à laquelle est attelée toute la mécanique de transmission. Quand le doigt quitte la note au clavier, la seconde soupape de la machine s'ouvre à son tour, l'air comprimé s'échappe dégonflant le soufflet qui cesse alors de tirer l'abrégé et de commander l'accès du vent dans les tuyaux.
La machine Barker a donc pour fonction de diminuer le travail physique de l'organiste en adoucissant extrêmement le toucher de l'orgue.


Dans les anciens instruments, l'accouplement de plus de deux claviers devenait chose impossible à cause de l'effort innoculaire qu'il eut nécessité. Il était donc presque toujours impossible de jouer simultanément tous les jeux d'un orgue. Avec la machine, au contraire, rien n'est plus facile que de mouvoir ensemble trois ou même quatre claviers, d'utiliser par conséquent toute la force de l'instrument. C'est dire que la machine en question a été le point de départ de grands  perfectionnements dans la facture d'orgue moderne, en permettant une foule de combinaisons qu'il eût été impossible de réaliser sans son précieux concours.

LES JEUX

Nous arrivons à la partie la plus importante en somme du grand orgue, puisque tout le reste: soufflerie, mécanique n'a sa raison d'être que pour cette dernière, je veux dire: la partie sonore ou les jeux.
 
Nul n'ignore que le son est produit dans l'orgue par des tuyaux en bois ou en étain, d'une longueur et d'une grosseur très variables et dans lesquels la colonne d'air est mise en vibration.

Le plus grand tuyau d'un orgue peut avoir 32 pieds, c'est à dire prés de 11 mètres de longueur, s'il donne l' ut le plus grave que l'on puisse obtenir dans le domaine des sons , le plus court seulement quelques millimètres. C'est dire quelle vaste échelle harmonique est mise a la disposition de l'instrument qui nous occupe.

Tous les tuyaux qui donnent le même timbre dans toute l'étendue du clavier constituent ce qu'on appelle  un jeu , un seul tuyau émettant un son unique , il suit de là que chaque jeu comportera ( s'il est complet ) autant de tuyaux que de touches au clavier , c'est à dire ordinairement 56.  

Les jeux de l'orgue se divisent en jeux de fond ou à bouche et en jeux d'anches.
 
Dans les premiers, l'air pénètre par le pied , se brise contre une paroi taillée en biseau et appelée  lèvre et se met à produire des vibrations , causes du son.

On les appelle jeux de fond parce que leur sonorité est très pleine, très ronde, quoique non éclatante, et constitue la meilleure base à l'harmonie de l'orgue.
Ils comprennent la famille des Bourdons, jeux très doux, des Flûtes, plus clairs, des Montres ainsi nommés parce que leurs basses sont ordinairement en façade déjà plus gros tels que les Montres, Croissant, Doublettes, Principals et Diapasons : les gambes, jeux très mordants qui tiennent le milieu entre les Fonds et les Anches; enfin les Mutations ( plein-jeu, Cornet, Fourniture, Quinte, Tierce, etc.) composé de plusieurs tuyaux par note pour faire entendre avec la fondamentale une ou plusieurs harmoniques, ou bien seulement la quinte ou la tierce de cette note. Ils s'emblavent avec les autres jeux auxquels ils ajoutent beaucoup de clarté et une couleur bien caractéristique de l'orgue.
    
Dans les jeux d'Anches au contraire l'air met en vibration une languette de cuivre qui à chaque battement frappe contre une paroi concave appelée anche : d'où leur nom, ce sont les jeux les plus éclatants et les plus bruyants de l'orgue. Ils comprennent les Bombarde, les Trompettes, les Clairons, les Bassons, les Hautbois, les Clarinettes, les Voix humaines, etc..  C'est parmi ces jeux que se recrutent les jeux de détail ou de solo.

Ce sont des jeux extrêmement délicats et d'une belle rondeur de son quand ils sont bien traités par un facteur habile.

On dit qu'un jeu est de 32 , de 16, de 8, de 4, de 2 ou de 1 pieds suivant que la longueur de son tuyau le plus grand possède 32, 16, 8, 4, 2 ou 1 pieds. Un jeu de 16 parle à l'octave d'un jeu de 32, un jeu de 8 à l'octave d'un jeu de 16, et ainsi de suite. ( Extrait carillon octobre 1911)

LE RELEVAGE D'UN ORGUE

Le Relevage d'un orgue n'est autre que le nettoyage de toutes les parties importantes de l'instrument. Il comprend en conséquence le démontage des tuyaux, du sommier, des chapes, des registres, la révision de la mécanique, etc…


Notre poète local : Adrien Ridel, écrivit le poème suivant à propos de notre orgue:
           

 
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